La partie haute en forme d’écu est ornée d’une palmette posée sur un lambrequin et encadrée par des paons d’où partent des larges feuilles d’acanthe bordant la plaque centrale décorée de quatre feuilles dans des croisillons. Un bras de lumière est placé dans la partie basse de la plaque.

A la fin du XVIe siècle, venant du Pérou ou du Mexique, l’argent afflue en Europe et surtout en Espagne où naît la mode des meubles d’argent.

Le jeune Louis XIV dont la devise était d’éblouir va pouvoir dès 1664 grâce à la rigueur colbertienne qui lui permet de jouir d’une fortune très importante, se constituer un mobilier d’argent, mobilier qui sera exposé de façon définitive à Versailles en 1682, année de l’installation de la Cour au château

Tables, miroirs, pots à orangers, consoles, chenets, lustres ainsi que la balustrade de la chambre royale seront réalisés en argent et éblouiront l’Europe entière et le monde. Ne dira-t-on pas « que la nuit est plus belle que le jour et l’hiver plus agréable que le printemps » grâce à la clarté que les milliers de bougies apportent  en se reflétant sur l’argent.

Mais en 1690, le rêve est définitivement achevé, « la guerre est un art qui détruit tous les autres », la guerre, qui oppose la France à l’ensemble des princes européens, a raison de cette splendeur, et tous les meubles sont envoyés à la fonte afin de récupérer des espèces sonnantes et trébuchantes.

Cependant, cette extravagance a fait école et de nombreuses cours européennes se lancent dans la constitution d’un mobilier d’argent comme le roi de Danemark, l’électeur de Hanovre ou Guillaume III d’Orange Nassau roi d’Angleterre.

De ce mobilier d’argent français dont il ne reste plus rien, seules quelques gravures servent de témoignage, certaines cours étrangères pallient à ce manque en ayant conservé des œuvres.

Une paire d’appliques dite « plaques de lumière » de provenance anglaise mais fabriquée par l’orfèvre Pierre II Doublet ( reçu maître en 1663) conservée au musée du Louvre en est une parfaite illustration: de forme ovale avec en partie inférieure un bras de lumière terminé par un binet et sa bobèche.

Les plaques de lumière se fixaient soit au mur et comme on le voit sur la tapisserie « L’audience du légat » (1733-1736) conservée au musée du Louvre, ces plaques pouvaient être directement fixées sur la tapisserie.

Ces plaques de lumière ou réflecteurs firent place aux bras de lumière en bronze doré placés de part et d’autre des trumeaux au début du XVIIIe siècle.

musée du Louvre – ancienne collection anglaise
« l’audience du Légat » musée du Louvre
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Catégories : appliques