H :146 cm /  57 ½ in L:  100 cm / 39 ½ in Prof:  45 cm  / 17 ¼ in          

Le secrétaire ouvre par un tiroir, un abattant et deux vantaux en acajou de Cuba plaqué et massif sur un bâti de chêne et de sapin. Le plateau en marbre brocatelle d’Espagne est ceint d’une galerie ajourée en bronze doré et ciselé. Le tiroir supérieur, ainsi que les panneaux des côtés en suite sont ornés d’une très riche frise de rinceaux, têtes d’aigles, amours et autel. L’abattant, garni d’un cuir marocain noir décoré aux petits fers, découvre un théâtre de dix tiroirs fermant par un astucieux système ainsi que trois casiers, l’ensemble est orné d’une moulure en bronze ciselé et doré sur les traverses. Les deux vantaux inférieurs découvrent trois tiroirs munis de poignées à la grecque. Le théâtre, ainsi que les trois tiroirs de la partie basse, cache de nombreux secrets qui se découvrent par des systèmes très élaborés. Les montants, en demi-colonnes pour les antérieurs et en pilastre pour les postérieurs, sont ornés de grattoirs, bagues, cannelures et reposent sur des pieds en toupie garnis de bagues et sabots en bronze doré et ciselé. Les panneaux de l’abattant et des deux vantaux sont plaqués d’un extraordinaire acajou de Cuba et sont encadrés d’une moulure de feuille d’acanthe et d’ove en bronze doré et ciselé.

Dans l’œuvre d’Etienne Levasseur, les secrétaires reçoivent deux types de décoration: soit un placage d’acajou, soit des panneaux de laque.

Un des plus somptueux est celui conservé au musée du Louvre et orné de cariatides en bronze doré aux angles.

Nous retrouvons le même système de blocage des tiroirs intérieurs sur un secrétaire attribué à Levasseur , vente Sotheby’s, Monaco, 14 juin 1982, n°497, repr.

Enfin, un autre secrétaire en armoire en placage d’acajou,  estampillé Levasseur figurait dans l’ ancienne collection M.Bazaine.

Etienne LEVASSEUR  (1721 –  18 Frimaire an 7 (1798) )

Reçu maître le 2 avril 1767

Etienne Levasseur épouse en 1748 Marie-Louise Marchand, fille de l’ébéniste Nicolas Marchand. Le couple aura un fils Pierre-Etienne, lui-même ébéniste.

Etienne Levasseur est mentionné dans l’inventaire après décès de l’ébéniste Reizell le 4 novembre 1788, comme créancier pour la somme de 1 200 livres

Le couple habite tout d’abord 231 rue du Faubourg Saint-Antoine, puis déménage pour aller au 114 de la même rue. Lorsque Etienne Levasseur meurt le 18 Frimaire an 7, à l’âge de soixante-dix-sept ans, il est mentionné comme habitant au 231 de la rue du Faubourg Saint-Antoine. Ses héritiers sont son épouse et son fils domicilié au 3 de la rue Martel à Paris.

Etienne Levasseur s’était fait une spécialité de la réalisation de meubles en marqueterie Boulle, et la production connue de ce type de meubles est non négligeable dans l’ensemble de son œuvre. Signalé dans les écrits du début du 19e siècle comme ancien collaborateur de Boulle (vue sa date de naissance, il s’agit très certainement d’un des fils de Boulle), il a tenu à perpétuer ce goût en l’adaptant aux formes de son époque.

Bibliographie:

A. Pradère, Les ébénistes français de Louis XIV à la Révolution,Paris, 1989.

D. Ledoux-Lebard, Le mobilier français du XIXème  siècle, 1965

F. de Salverte, Les ébénistes du XVIIIème siècle, Paris, 1975

D. Alcouffe , Le mobilier du Musée du Louvre, tome I , Paris, 2001

P. Hughues, The Wallace collection, Londres, 1996, t.1 et 2

                                       

                  

Catégories : secrétaires