H: 45 cm /  17 ¾ in

Vase balustre en porcelaine truitée, à anses en forme de lézard  pris dans la masse. Il repose sur une base en bronze ciselé et doré à motifs de canaux et agrafes de feuilles d’acanthe. Le col est ceint d’une monture en bronze ciselé et doré à motifs de feuilles d’acanthe.

La porcelaine de Chine craquelée ou truitée

Une des meilleures définitions de la porcelaine de Chine craquelée est celle faite dans le catalogue de vente de Monsieur Angran de Fonpertuis rédigé en 1747.  » On peut faire de la Porcelaine de toutes les couleurs, mais les plus usitées sont, 1e, la Jaune, qui n’est que pour l’usage de l’Empereur. La grise qui approche du céladon, on en voit moins communément de cette sort en France: elle est le plus souvent hachée d’une infinité de petites lignes irrégulières qui se croisent, comme si le vase était fêlé dans toutes ses parties, ou bien il s’y trouve de grandes rayes dont l’effet est encore plus sensible. On appelle ordinairement cette porcelaine, Truitée ou Craquelée, suivant la grandeur ou la petitesse des espèces de fêlures ».

Dans le cabinet de François Boucher ( peintre) vendu aux enchères le 18 février 1771 au Vieux Louvre, on remarque une section dévolue à la porcelaine truitée. Cette remarquable collection est qualifiée de la façon suivante dans l’avant propos rédigé par P.Rémy.:  » La rareté sans agrément n’avait nul attrait pour lui: aussi ne s’attachait-il pas à faire des collections suivies, dans chaque genre il ne choisissait que les choses qui pourraient plaire ou par la forme ou par les couleurs. Son cabinet passait à juste titre et de l’aveu de tout le monde pour une des plus riches et des plus agréables collection que l’on voit à Paris ».

Ces porcelaines truitées n’apparaissent que rarement dans les livres journaux des marchands merciers. Un des plus célèbres Lazare Duvaux sur une période de dix ans n’en mentionne que deux, en 1750 2 vases en forme de pots-pourris garnis de bronze doré pour la marquise de Pompadour à 1200 livres et en 1757 une garniture de vases truités pour la somme de 2960 livres.

La fabrication de la porcelaine truitée

« On applique certaines couleurs sur les pièces de porcelaine en fendillant la couverte, afin que ces couleurs pénètrent dans les fentes, c’est que l’on nomme porcelaine truitée ou craquelée. Pour cela on fait chauffer des pièces de porcelaine qui sont en couverte & on les plonge dans des liqueurs chargées de beaucoup de couleur. Le contraste de la chaleur des pièces & de la fraîcheur du bain, fait fendiller la couverte, les matières colorantes s’introduisent dans les fentes. On lave les pièces, mais la couleur qui est entrée dans les fentes ne s’en va pas par le lavage. Cela forme des lignes qui se croisent en tous sens & qui présente un tableau singulièrement varié, dont la perfection n’est due qu’au hasard »

Dictionnaire portatif des arts et métiers, t.2, Paris, 1761.

Les collections de porcelaines chez les amateurs du XVIIIe siècle

Si les porcelaines d’Extrême Orient sont toujours plus estimées que celles des manufactures européennes, elles ont perdu leur caractère rare et nouveau puisque depuis les années 1680, elles sont arrivées en abondance et en particulier pour les bleus et blancs que l’on qualifie au 18e siècle  » d’ancienne porcelaine de la Chine ».

A partir du début du 18e siècle, les porcelaines monochromes supplantent les autres décors.

Les porcelainiers chinois mirent au point différentes couvertes monochromes, mais les plus appréciées restaient les céladons; cependant on distinguait les céladons verts de la porcelaine grise qui approche du céladon et est appelée truitée ou craquelée.

Toutes les grandes collections du 18e siècle ont presque obligatoirement une  » section » de porcelaines truitées.

Une des porcelaines truitées montée en bronze est la célèbre fontaine à parfum livrée à Louis XV en 1743 par Hébert d’après un dessin des frères Slodtz et conservée au château de Versailles.

La vente Gaignat en 1769 comptait un certain nombre de porcelaines truitées dont un très bel exemplaire de vase buire dont une paire est conservée au musée du Louvre.

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