H: 2,20 m L: 1,21 m Prof: 0,50 m

Etiquette au dos du meuble:  » chambre de Monsieur »            

Cette armoire ouvre à deux vantaux ornés de panneaux de laque à fond noir décorés de pagodes, de barques, de montagnes et de personnages; les côtés sont quant à eux   en vernis européen à décor de phénix sur des branchages de fleurs. Le meuble repose sur une plinthe en bois noirci à filet doré. La corniche en doucine est cintrée sur les côtés.    

L’emploi des panneaux de laque provenant des paravents chinois existe depuis la fin du 17e siècle.  Très prisées dans l’ébénisterie française du 18e siècle, les laques sont achetées par les marchands merciers qui les confient aux ébénistes afin de les adapter à la structure du meuble, certains même s’en feront une véritable spécialité.

Si le 19e siècle est celui du développement des sciences et des techniques, du point de vue artistique, il en va tout autrement puisqu’on redécouvre les styles du passé, en leur accolant le préfixe « néo » comme le style néo-renaissance ou en leur attribuant un nouvel attribut comme le style « Troubadour ».

Les œuvres du 18e siècle quant à elles vont susciter un réel engouement  dès la monarchie de Juillet. La restauration du château de Versailles et la création du Musée national de Versailles par Louis Philippe vont jouer un rôle majeur dans la redécouverte des arts du 18e siècle.

Dès cette époque des meubles sont commandés pour compléter certains ensembles afin de recréer des ensembles disparus au moment des ventes révolutionnaires.

D’imitations serviles, une certaine clientèle fortunée va glisser « dans le style », « dans le genre » du 18e siècle. C’est ainsi que certains artisans vont développer un réel intérêt historique pour le 18e siècle et apprendre à connaître les différents styles de cette période afin de pouvoir les interpréter avec brio.

Le collectionneur et historien d’art Edmond Bonnaffé écrit dans la première moitié du 19e siècle:  » la curiosité n’est pas morte » ( la curiosité pour le 18e siècle).

Des ébénistes comme Bellangé ( 1799-1863), Monbro ( 1774-1841) faisant aussi office de marchands ont une connaissance parfaite des meubles du 18e siècle et peuvent donc s’en inspirer pour leurs créations.

Les panneaux de laque qui avaient fasciné la clientèle des 17e et 18e siècles restent  l’apanage des ébénistes renommés du 19e siècle.  Les corporations ayant été abolies en 1789, l’ébéniste devient aussi marchand au 19e siècle et reprend le rôle des marchands merciers du 18e siècle. Le célèbre bronzier- ébéniste Henry Dasson (1825-1896) fait partie de ces créateurs fascinés par la beauté des laques orientales et n’hésite pas à les introduire sur ses créations les plus prestigieuses.

Cette armoire s’inscrit dans le renouveau du mobilier du 19e siècle tout en utilisant les codes de décoration du 18e siècle avec des panneaux de laque sur les vantaux et des panneaux en vernis européen sur les côtés comme cela se faisait traditionnellement .

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