H:87 cm / 34 1/4 in L: 146 cm / 57 1/2 in Prof: 56 cm / 22 in

Cette très élégante table-console en desserte de forme demi-lune est réalisée en acajou et placage d’acajou de Cuba. La ceinture ouvre par un tiroir central et deux tiroirs latéraux simulés, séparés par des dais de raccordement à cannelures. Elle repose sur quatre montants fuselés de section ronde à décor de cannelures et d’une double bague située au niveau de la tablette d’entrejambe qui réunit les quatre montants. Elle est ornée d’une très belle garniture de bronzes ciselés et dorés au feu, tels que poignées de tirage à anneaux perlés tombants, galerie ajourée d’encadrement du plateau d’entrejambe, sabots à moulure en forme de corde et plus particulièrement entrées de serrure décorées d’une branche de chêne et de laurier. Son plateau mouluré d’une gorge est en marbre brèche rouge des Flandres.

Cette console d’époque Louis XVI fait partie du développement du concept de la salle à manger, pièce qui apparaît dans les années 1760.  En effet, jusqu’à ces années, il était d’usage d’installer une table, la plupart du temps dans une antichambre ou dans la pièce la mieux chauffer, pour servir les repas. Importé d’Angleterre, l’habitude de s’installer dans une pièce spécifique amena l’élaboration de nouveaux meubles. Le « sideboard » anglais destiné à servir et desservir, devint en France la table-console en desserte.

Les premières tables furent de style néo-classique, très souvent réalisées en acajou, en référence à l’anglomanie.

Ici, Louis Moreau continue cette tradition avec cette grande table accotée au mur et destinée à recevoir la vaisselle et les plats de service.

Louis Moreau reçut maître en 1764, il fut à la fois ébéniste et marchand de meubles. Il exerçait rue de l’Echelle Saint Honoré « A la descente des Thuileries ».Il fournit les Menus-Plaisirs, et parmi les meubles qu’il livra, nous trouvons des tables-consoles.

Son père Claude- François  lui vend le 17 novembre 1765 son stock le 17 novembre 1765 après le décès de sa femme intervenu le 5 février de la même année ( Me Blaque)

Par cet acte nous apprenons que les meubles meublants lui sont vendus pour 336 livres, les marchandises et outils de sa profession d’ébéniste sont vendus pour 1956 livres

Dans les dettes passives nous relevons les noms suivants:

Maillet serrurier 140 livres

Boudin ébéniste pour marchandises  125 livres

Noel marchand de bois  84 livres

Dans les dettes actives

Poirier bijoutier rue St Honoré  24 livres

Macré mercier rue St Honoré 81 livres

Genty marchand rue de l’Echelle  61 livres

Héricourt  marchand grande rue St Antoine  53 livres

Arch. Nat  XXVIII/394

Catégories : meubles-sièges