Hauteur : 112 cm /  44 in diam: 56 cm / 22 in

Cette exceptionnelle jardinière en placage d’acajou et bois doré est en forme d’athénienne. Les trois pieds sont en forme de bustes d’égyptiennes ailées terminées par des jarrets, le tout en bois doré, réunis par une entretoise triangulaire plaquée en acajou et décorée en son centre d’une pomme de pin stylisée en bois doré.

L’athénienne

Ce dessin en forme de trépied dérive d’un meuble créé par Jean-Henri Eberts (1726-1803) appelé athénienne d’après le tableau de Jean-Marie Vien : « la vertueuse athénienne ». Le journal « l’Avant-Coureur » passa une annonce le 27 septembre 1773 et, dès sa parution, ce type de trépied à l’antique connut un immense succès auprès des artisans et des amateurs. Notre athénienne se détache des créations de la fin du XVIIIe siècle, car elle  matérialise un dessin réalisé par les architectes Percier et Fontaine qui prônaient un retour à l’antique dans l’art français, tiré de leurs « Recueil de Décorations intérieures », planche XXXIII (un trépied qui peut rappeler par sa forme l’un de ceux trouvés dans les fouilles d’Herculanum), preuve  de la collaboration de l’atelier des Jacob et des architectes de l’Empereur.

Une athénienne en biscuit de Paris d’époque Empire reprenant une composition comparable a fait partie des collections du couturier Christian Dior, elle interprète également le dessin de Percier et Fontaine.

Cet objet illustre parfaitement les schémas décoratifs qui inspiraient les artistes français aux premières années du XIXe siècle. Il montre de quelle manière un objet usuel et pratique devient un prétexte à la représentation éclatante du talent créatif et de la virtuosité des meilleurs artisans français de l’époque Empire. 

Jacob D. R. Meslée (Jacob Desmalter rue Meslée)

Le célèbre Georges Jacob eut deux fils: Georges II et François Honoré-Georges. A la mort du premier fils en 1803, François Honoré Georges s’associa avec son père jusqu’en 1813, un an avant son décès.

C’est pendant cette période que la maison Jacob exécuta les plus beaux meubles sortis de ses ateliers, encore très proches du style Louis XVI par leur légèreté. Leur clientèle se composait aussi bien du Garde-Meuble impérial, que des maréchaux d’Empire et des grands financiers de l’époque. Un document tiré du rapport du jury de l’Exposition de l’industrie française en 1806 illustre bien la renommée de l’atelier des Jacob  à cette époque : « Les divers objets que M. Jacob a exposés sont au-dessus de ce qu’on a vu dans ce genre, les ornements magnifiques et d’un goût exquis sont parfaitement assortis à la destination des meubles auxquels ils sont appliqués et à la décoration de l’appartement où ces meubles doivent être placés. A ne considérer ces objets que comme de l’ébénisterie simple, ils méritent les plus grands éloges sous le rapport de la précision et de l’exécution. Le jury considère M. Jacob comme ayant un talent supérieur dans sa partie, il s’empresserait de lui décerner une médaille d’or s’il paraissait à l’exposition pour la première fois. »

Bibliographie :

  • Recueil de Décorations intérieures de Percier et Fontaine, Paris, 1827,  planche XXXIII.
  • « le salon de l’hôtel particulier Christian Dior, boulevard Jules Sandeau à Paris, décoré par Messieurs Geffroy et Victor Grandpierre » in « Maison et Jardin« , février 1958, p. 67
  • H. Lefuel, Georges Jacob ébéniste du XVIIIe siècle, Paris, s.d, éd. Albert Morancé
  • G. Hubert, La Malmaison, Paris, 1985
  • D. Ledoux-Lebard,  « Le Grand Trianon« , t. I, Paris,  éd. de Nobele, 1982

Catégories : meubles-sièges